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Interview croisĂ©e : les abeilles 🐝

Ce n’est ni « LA JournĂ©e de l’Environnement » ni « LA JournĂ©e de la Biodiversité » ni « LA JournĂ©e des Abeilles »… Mais, aujourd’hui, je vous invite, quand mĂȘme, Ă  lire cette interview croisĂ©e et pĂ©dagogique sur l’univers des abeilles.

Afin d’en savoir plus sur ce sujet, j’ai posĂ© quelques questions Ă  des spĂ©cialistes :

  • Anna Carel de La Butineuse : une box de plantes mellifĂšres pour milieu urbain
  • Anastasia Chambraud de Happyculteur : des ateliers pĂ©dagogiques Ă  Paris sur l’apiculture
  • Fabien Dufournel de Be Keeper : des ruches connectĂ©es parrainĂ©es par des entreprises ou des particuliers

Je leur laisse donc la parole 😉

đŸ€” Pourquoi as-tu choisi ou comment en es-tu venu Ă  travailler dans ce domaine ?

Anna : « Je dĂ©sirais donner du sens Ă  mon travail au quotidien et que ma profession ait un impact positif sur l’environnement. Puis, l’idĂ©e de tout lancer m’est venue le jour oĂč j’ai rĂ©alisĂ© que j’Ă©tais la seule dans mon entourage Ă  possĂ©der un balcon de fleurs mellifĂšres pour soutenir les abeilles. Â Â»

Anastasia : « Un peu par hasard pour ĂȘtre honnĂȘte ! Parce que le hasard fait bien les choses, il a mis RĂ©mi, co-fondateur de Happyculteur, sur ma route Ă  un moment de ma vie oĂč je cherchais Ă  agir concrĂštement en faveur de la biodiversitĂ©. Depuis, j’ai quittĂ© mon job pour me consacrer Ă  plein temps Ă  cette association qui oeuvre pour la sauvegarde des abeilles en ville. »

Fabien : « J’ai choisi ce domaine car il reprĂ©sente la combinaison de deux passions initiales. Tout d’abord la tech, en tant que geek invĂ©tĂ©rĂ© et informaticien de formation. Et ensuite l’apiculture, qui me vient de mon arriĂšre grand-pĂšre, qui par la suite l’a transfĂ©rĂ© de gĂ©nĂ©ration en gĂ©nĂ©ration jusqu’Ă  moi. Le fait de garder un contact avec les abeilles m’a toujours permis de me raccrocher Ă  la nature et de garder Ă  l’esprit l’importance qu’elle revĂȘt pour l’homme. C’est assez naturellement que j’ai cherchĂ© Ă  mettre mes compĂ©tences Ă  sa sauvegarde ! »

🌍 Est-ce que, comme pour le changement climatique, tu perçois une prise de conscience du grand public sur les problĂ©matiques de la biodiversitĂ© ?

Anna : « Oui, on observe une rĂ©elle prise de conscience et surtout de la jeune gĂ©nĂ©ration, donc c’est trĂšs encourageant et c’est une dynamique qu’il ne faut pas perdre, j’ai espoir. La biodiversitĂ© c’est le dĂ©but de la vie, c’est ce qui permet la crĂ©ation de nos Ă©cosystĂšmes, des espĂšces vĂ©gĂ©tales et animales qui le composent et pour terminer dans notre assiette. La biodiversitĂ© c’est la vie et c’est quelque chose dont on entend de plus en plus parler dans les mĂ©dias. »

Anastasia : « Evidemment ! Il y a Ă  peine 10 ans, nous n’aurions pas imaginĂ© pouvoir proposer des ateliers pour dĂ©couvrir Ă  l’apiculture urbaine, nous n’aurions pas imaginĂ© non plus que les candidats aux municipales mentionneraient la plantation d’arbres comme action « majeure » de leur programme (pour ce qui est de l’aspect Ă©cologique) ! Encore moins que les supermarchĂ©s et les grandes marques capitaliseraient sur le bio et le local pour sĂ©duire leurs consommateurs, de plus en plus soucieux des produits qu’ils achĂštent. Maintenant, entre les paroles et les actions, il reste encore du chemin Ă  faire selon moi. Mais je prĂ©fĂšre dire que nous sommes sur la bonne voie. »

Fabien : « C’est une question complexe, si on regarde le changement climatique, bien que tout le monde en ait maintenant conscience, il reste difficile de savoir quoi faire ou ne pas faire. Je prends souvent l’exemple de l’Ă©nergie, les dĂ©bats sont constants et il est difficile je trouve de prendre une position durable sur telle ou telle solution. Le cas de l’Ă©olien est en ce moment assez dĂ©criĂ©, pourtant beaucoup de gens ont investi dedans Ă©tant certains du bien fondĂ© de leur action. Concernant la biodiversitĂ©, cette prise de conscience en est Ă  ses dĂ©buts. On parle beaucoup des abeilles domestiques mais peu savent que le problĂšme est bien plus vaste, notamment sur la faune sauvage. Chez Be Keeper on utilise l’abeille comme animal ‘ambassadeur’ d’une cause plus vaste et moins connue, cela permet d’enclencher le dialogue et d’aller plus loin dans la pĂ©dagogie autour de la biodiversitĂ©. Reste que, comme pour le climat, il faut identifier et trouver les solutions rĂ©ellement efficaces; et pour le cas de la biodiversitĂ©, elles sont encore trop rares. »

❓Maintenant que vous connaissez un peu mieux mes invitĂ©s, venons-en au au b.a.-ba du monde des abeilles.

 đŸŒŒ Quelles sont les plantes mellifĂšres les plus communes ou connues ? 🌿

Anna : « Une plante trĂšs connue, mais peu apprĂ©ciĂ©e, est le pissenlit. C’est important que les mentalitĂ©s changent et que l’on arrĂȘte de la considĂ©rer comme un pertubateur mais plutĂŽt comme une source immense en nectar et pollen. Il y a en ce moment des campanules, asters, bourrache, corĂ©opsis, chrysanthĂšmes, sauge. Toutes les plantes aromatiques en potager attirent beaucoup lors de leur floraison : basilic, aneth, … Â Â»

🏱 Il y a-til des espĂšces d’abeilles qui s’acclimatent plus facilement aux conditions des villes ? đŸ˜

Anna : « Les abeilles, de façon gĂ©nĂ©rale, se plaisent beaucoup plus en ville qu’en campagne. La production agricole aujourd’hui est axĂ©e monoculture, ce qui entraĂźne des grandes pĂ©riodes de disette, par exemple entre une production de tournesol et de blĂ©. Cette pĂ©riode entraĂźne la mort des pollinisateurs locaux. En ville, ils ont l’avantage d’avoir une constance dans l’apport nutritif, mais l’inconvĂ©nient est qu’il est trĂšs faible car c’est un milieu urbain qui induit une destruction de l’environnement. La solution serait de stopper les monocultures et relancer la vĂ©gĂ©tation en ville. »

🏠 Combien il y a-t-il d’abeilles en moyenne dans une ruche ? 🐝

Fabien : « La ruche hĂ©berge une seule colonie d’abeilles, centrĂ©e autour de la reine. Les membres de cette colonie Ă©voluent en fonction de la saison et des besoins de la colonie elle-mĂȘme. Ainsi, les mois les plus froid, la colonie compte environ 10 000 rĂ©sidentes alors qu’au plus fort de la saison printaniĂšre elles montent en gĂ©nĂ©rale Ă  60 000 abeilles. Les abeilles de la saison forte ne feront que travailler et leur durĂ©e de vie sera d’environ 20 jours, alors que celles de l’hiver – qui passeront le plus de temps en hivernage – pourront vivre de 4 Ă  6 mois. Je crois que c’est un exemple parlant des consĂ©quences d’une vie faite exclusivement d’un dur labeur. »

⚖ Combien de kg de miel produit une ruche par an ? 🍯

Fabien : « C’est trĂšs variable, cela dĂ©pend principalement de la mĂ©tĂ©o et des fleurs disponibles autour de la ruche. AprĂšs, la force de la colonie rentre aussi en ligne de mire. Certaines ruches produisent tellement peu de miel qu’elles n’arrivent pas Ă  subvenir Ă  leur propre besoin. D’autres, Ă  l’inverse, produisent bien plus que nĂ©cessaire. De mon expĂ©rience personnelle, cela va de 5 Ă  6 kilos jusqu’Ă  90 – chiffre record et vraiment rare – pour une seule ruche. On considĂšre en moyenne la production d’une ruche Ă  20 kg. »

🏡 Combien il y a-t-il de ruches en France ? đŸ‡«đŸ‡·

Fabien : « On suppose un peu plus d’un million. Mais, c’est un chiffre trĂšs difficile Ă  vĂ©rifier car la rĂ©partition des apiculteurs Ă©tant composĂ©e Ă  97% d’amateurs, il est difficile d’avoir un chiffre prĂ©cis. »

đŸ‘©đŸ»â€đŸŒŸCombien de temps faut-il pour se former et devenir apiculteur ?đŸ‘šđŸŒâ€đŸŒŸ

Anastasia : « Toute une vie !!! On ne cesse d’apprendre des abeilles. Plus sĂ©rieusement, on estime qu’il faut pratiquer 2 Ă  3 ans avant d’ĂȘtre autonome dans ses pratiques. Ce qui n’empĂȘche pas de pratiquer l’apiculture avant, si on est accompagnĂ© de prĂšs par un apiculteur expĂ©rimentĂ©. »

đŸ‘©đŸ»â€đŸŒŸđŸ‘šđŸŒâ€đŸŒŸCombien il y a-t-il d’apiculteurs en France ? đŸ‡«đŸ‡·

Anastasia : « Selon la derniĂšre Ă©tude d’ADA France (Association de DĂ©veloppement de l’Apiculture), ils seraient 56 773 en France en 2018.  »

🍯 Et enfin la question subsidiaire que tout le monde attend : quel est ton miel prĂ©fĂ©rĂ© ? 😋

Anna : đŸŒŒÂ Â»J’ai goĂ»tĂ© un miel fait maison de la Maison Fedon un jour, je m’en souviendrai toujours, miel de pissenlit c’est juste une ‘tuerie’, en plus d’ĂȘtre super bon pour la santĂ©. »

Anastasia : đŸŽÂ Â»Le miel de pommier que j’ai goĂ»tĂ© pour la premiĂšre fois chez Miel Factory ! Il fond sur la langue, c’est un dĂ©lice. »

Fabien : đŸŒłÂ Â»Je suis un fan de miel d’acacia. Il est trĂšs clair et trĂšs subtil au goĂ»t. »

VoilĂ , vous savez tout, ou presque, sur le monde des abeilles. N’hĂ©sitez pas Ă  rĂ©agir, ou Ă  poser vos propres questions, en commentaire. âœđŸ»

😁 Evidemment, un grand MERCI à Anna (La Butineuse), Anastasia (Happyculteur) et Fabien (Be Keeper) !👍

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